"Dans la confusion de notre époque,quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie,
il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères..."
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

lundi 22 septembre 2014

Lundi et Mardi de la Seizième Semaine après la Pentecôte







Galates 4:28-05:10; Marc 6:54-7-8


Le Seigneur reproche aux Pharisiens, non pas leurs routines extérieures et leurs règles de conduite, mais la partialité à leur égard, le fait de se limiter au culte extérieur de Dieu, sans se soucier de ce qui est dans le cœur.

Il est impossible d'être sans manifestations extérieures. Les choses les plus élevées à intérieur ont besoin de l'extériorisation, comme de leur expression et de leur vêtement. En réalité, les choses internes ne sont jamais seules, mais elles sont toujours unies à l'extérieur, elles ne sont séparées que dans les fausses théories.

Mais encore une fois, il est évident que les manifestations extérieures seules ne sont rien; leur valeur vient de la présence des choses intérieures qu'elles contiennent. Ainsi, une fois que l'intérieur cesse d'être, l'extérieur pourrait tout aussi bien ne pas être là. Entre-temps, nous avons un faible pour les apparences extérieures dans lesquelles l'intérieur est représenté et prend la forme définitive, à un point tel que nous sommes satisfaits de les remplir seules, sans même penser qu'il pourrait y avoir des choses intérieures.

Et puisque l'intérieur est plus difficile à atteindre que l'extérieur, il est tout naturel d'achopper sur ce dernier, et de ne pas faire des efforts pour le premier. Que pouvons-nous faire? Nous devons nous gouverner et garder les choses internes à l'esprit, toujours nous pousser vers elles par les choses externes, en considérant qu'une œuvre est réelle lorsque l'intérieur et l'extérieur sont unis en elle. Il n'y a pas d'autre moyen.

L'attention à soi, la sobriété et la vigilance sont les seuls leviers pour élever notre nature qui est grasse, et qui a un penchant pour les choses basses. Notez que ceux qui possèdent les choses intérieures ne renonceront jamais à l'extérieur, bien qu'ils estiment qu'il n'est d'aucune valeur particulière.


Mardi de la Seizième Semaine après la Pentecôte

Galates 5:11-21, Marc 7:5-16

Il n'est rien d'extérieur à l'homme, qui entrant en lui, puisse le souiller, mais les choses qui sortent de lui, voilà ce qui souille l'homme. Ce passage et des passages semblables, par exemple: Ce n'est pas un aliment qui nous rapproche de Dieu: si nous en mangeons, nous n'avons rien de plus; si nous n'en mangeons pas, nous n'avons rien de moins. (1 Cor:8-8) Sont généralement invoquées par ceux qui n'aiment pas jeûner, en supposant que ce faisant, ils ont suffisamment justifié leur non observance du jeûne en fonction de la règle et de la coutume de l'Église.

La validité de cette excuse est connue de tous fidèles de l'Église. Le jeûne décrète que nous nous abstenions de certains aliments, non pas parce qu'ils sont souillés, mais parce que nous pouvons plus facilement affiner notre chair par cette abstinence, ce qui est quelque chose de crucial pour le progrès intérieur.

Ce sens de la loi du jeûne est si essentiel que ceux qui considèrent certains aliments comme souillés, sont comptés parmi les hérétiques. Ceux qui n'aiment pas jeûner feraient mieux de ne pas s'attarder sur ce point, mais sur le fait que le jeûne n'est pas obligatoire, mais il est certainement un des moyens pour surmonter les impulsions vers le péché et les aspirations de la chair. Mais ils ne peuvent en aucun cas rester sur leur position sur ce point, non plus.

Si le progrès intérieur est obligatoire, alors le moyen par lequel il est obtenu est également obligatoire, à savoir le jeûne. La conscience de chaque personne lui dit cela. Afin d'apaiser leur conscience, ils affirment: Je vais compenser mon omission du jeûne d'une autre manière, ou, le jeûne est nocif pour moi, ou je vais jeûner quand je le veux, et non pas pendant les carêmes établis. Toutefois, la première excuse est inappropriée parce que personne n'a encore réussi, sans le jeûne à faire face à sa chair, ou à ordonner sa vie intérieure correctement. La dernière excuse est inappropriée, car l'Eglise est un seul Corps, et se séparer des autres pour cela, signifie s'opposer à sa construction.

On ne peut se retirer des coutumes générales de l'Eglise qu'en abandonnant l'Eglise, mais pendant que quelqu'un est membre de celle-ci, il ne peut pas dire cela et l'exiger. La deuxième excuse possède l'ombre d'un droit. En effet, parmi les limites du jeûne, l'obligation est levée pour ceux pour qui le jeûne agirait de manière destructrice, parce que le jeûne a été créé non pas pour tuer le corps, mais pour mortifier les passions.

Mais si l'on devait consciencieusement compter le nombre véritable des personnes dans ce cas, on constaterait qu'ils sont si peu nombreux qu'ils ne comptent même pas. La seule vraie raison reste le manque de désir. Il est inutile de débattre de cela. On ne sera pas non plus amenés au Ciel contre notre volonté, mais lorsque nous serons condamnés à l'enfer nous irons, que nous le souhaitions ou non: ils nous saisiront et nous y jetteront.



Version française Claude Lopez-Ginisty

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