"Dans la confusion de notre époque,quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie,
il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères..."
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 5 juin 2016

Dimanche de l'aveugle-né

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23 mai / 5 juin
6ème dimanche de Pâques, de l’Aveugle-né

Saint Michel, évêque de Synades en Phrygie, confesseur (831) ; sainte Marie de Cléopas (Ier s.) ; saint Michel, moine, martyr (IXème s.) ; saint Damien (ou Démétré) de Garedja, roi de Géorgie (1157) ; sainte Euphrosynie, abbesse à Polotsk (1173) ; saint Païssios de Galitch (1460).

Lectures : Actes XVI, 16 – 34 / Jn. IX, 1 – 38

DIMANCHE DE L’AVEUGLE-NÉ
E
n ce dimanche est commémoré le don de la vue accordé par notre Seigneur Jésus-Christ à l’aveugle-né. Le miracle de la guérison de l’aveugle convient tout à fait aux jours de la Pentecôte chrétienne : à l’instar des autres événements commémorés par la Sainte Église en cette période, ce miracle annonce la puissance et la gloire Divines du Seigneur ressuscité (Jn IX, 31-33,38). Selon les explications du synaxaire, le miracle de la guérison de l’aveugle-né est commémoré ce dimanche, parce qu’il fut accompli le jour de la Pentecôte. Dans l’exemple de l’aveugle-né, l’Église présente la figure de chaque pécheur, qui est un aveugle de naissance, « parce que tous ont péchés et sont privés de la gloire de Dieu » (Rom. III, 33), tandis que par le don de la lumière miraculeuse aux yeux spirituels et corporels de l’aveugle, elle nous enseigne que l’Illuminateur véritable est le seul Seigneur. Ce n’est que dans Sa Lumière que nous pouvons voir la Lumière véritable et salvatrice. Selon les enseignements de St Tykhon de Zadonsk (+ 1783), « ce que sont les ténèbres matérielles pour l’œil, c’est le péché pour l’âme de l’homme ; les ténèbres spirituelles assombrissent et aveuglent à ce point les yeux spirituels, que le pécheur chemine comme un aveugle : il ne sait pas où son chemin le mène ; il ne voit pas devant lui la fosse de la perte éternelle, dans laquelle il doit tomber ; il ne fait pas la différence entre le vice et la vertu, entre le mal et le bien, entre la vérité et le mensonge ».


Tropaire de Pâques, ton 5
Хpистócъ вocкpéce изъ ме́ртвыхъ, cме́ртію cме́рть попра́въ и су́щымъ во гробѣ́xъ живо́тъ дарова́въ.

Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la Vie.
Tropaire du dimanche du 5ème ton
Собезнача́льное Сло́во Oтцу́ и Дýxoви, отъ Дѣ́вы ро́ждшeecя на спасе́нie на́ше, воспои́мъ вѣ́рній и поклони́мся, я́ко  благоволи́ пло́тію взы́ти на кре́стъ, и cме́рть претерпѣ́ти, и воскреси́ти уме́ршыя сла́внымъ воскресе́ніемъ Cвои́мъ.
Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la Croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !


Kondakion de l’Aveugle-né, ton 4
Душе́вныма очи́ма ослѣпле́нъ, къ Teбѣ́ Хpисте́ прихожду́, я́коже слѣ́пый отъ poжде́нія, покая́ніемъ зову́ Tи : Tы́ cýщихъ во тмѣ́ свѣ́тъ пресвѣ́тлый.

Les yeux de mon âme étant aveugles, je viens à Toi, ô Christ, comme l’aveugle de naissance, et dans le repentir je Te clame : Tu es la Lumière très éclatante pour ceux qui sont dans les ténèbres.
Kondakion de Pâques, ton 8
А́щe и во гpóбъ снизшéлъ ecи́, Безсме́ртнe, но́ а́дову paзpyши́лъ ecи́ cи́лу, и воскре́слъ ecи́, я́ко побѣди́тель, Xpистé Бо́же, жена́мъ мироно́сицамъ вѣща́вый : páдуйтеся, и Tвои́мъ Aпо́столомъ ми́ръ да́руяй, па́дшымъ подая́й вocкpecéнie.

Bien que Tu sois descendu, ô Immortel, dans le Tombeau, Tu as cependant détruit la puissance de l’enfer et Tu es ressuscité en vainqueur, ô Christ Dieu. Aux femmes myrophores Tu as annoncé : Réjouissez-vous, et à Tes apôtres Tu as donné la paix, Toi qui accordes à ceux qui sont tombés la Résurrection.
Au lieu de « il est digne en vérité » (ton 1):
А́нгелъ вопiя́ше Благода́тнѣй: Чи́стая Дѣ́во, ра́дуйся, и па́ки реку́: Ра́дуйся! Тво́й Сы́нъ воскре́се тридне́венъ отъ гро́ба и ме́ртвыя воздви́гнувый: лю́дiе веселит́еся. Свѣти́ся, свѣти́ся Но́вый Iерусали́ме, сла́ва бо Госпо́дня на Тебѣ́ возсiя́. Лику́й ны́нѣ и весели́ся, Сiо́не. Ты́ же, Чи́стая, красу́йся, Богоро́дице, о воста́нiи Рождества́ Твоего́.

L’Ange s’écria à la Pleine de Grâce : Vierge pure, réjouis-Toi, et je Te répète « Réjouis-Toi », car Ton Fils est ressuscité le troisième jour du Tombeau, et, ayant redressé les morts, peuples réjouissez-vous. Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Exulte maintenant et réjouis-toi Sion. Et toi, toute pure Mère de Dieu, réjouis-toi en la Résurrection de Ton Fils.

HOMÉLIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME SUR LA LECTURE DES ACTES DES APÔTRES DE CE JOUR
La persécution ne servit pas peu au progrès de la parole de Dieu : « Pour ceux qui  aiment Dieu », dit saint Paul « tout concourt « au bien ». (Rom. VIII, 28.) Si donc, on se fût proposé de propager l'Église, on n'eût pas fait autre chose : je veux dire, autre chose que disperser les docteurs. Voyez jusqu'où s'étendit cette prédication: «Ils allèrent », disent les Actes, « jusqu'en Phénicie et en Chypre, et à Antioche, n'enseignant la parole à personne, si ce n'est aux Juifs ». Voyez-vous comment tout se passa par l'action de la Providence pour Corneille? Ceci sert à la défense du Christ et à l'accusation des Juifs. Lors donc qu'Étienne est mis à mort, que deux fois Paul est en danger, que les apôtres sont flagellés, les nations et les Samaritains sont reçus à la foi. Et Paul le proclame en disant : « Il fallait d'abord vous enseigner la parole de Dieu, mais vous vous en êtes vous-mêmes jugés indignes, voici donc que nous nous dirigeons vers les nations ». (Act. XIII, 46.) Ils parcoururent donc les nations et les instruisirent. « Quelques-uns d'entre eux, des hommes de Chypre et de Cyrène, étant venus à Antioche, conversaient avec les Grecs, et leur annonçaient le Seigneur Jésus. Et la main du Seigneur était avec eux, et un grand « nombre crut et se convertit au Seigneur Jésus ». Il est vraisemblable, du reste, qu'ils savaient la langue grecque, et qu'il y avait un grand nombre de ces hommes à Antioche. « Et la main du Seigneur,» disent les Actes, « était avec eux », c'est-à-dire, ils faisaient des prodiges. Ne voyez-vous pas qu'il fut besoin de prodiges pour les porter à croire ? « Cette nouvelle parvint aux oreilles de l'Église qui était à Jérusalem, et on députa Barnabé pour aller jusqu'à Antioche ». Pourquoi donc, lorsqu'une si grande ville recevait la parole de Dieu, n'y allèrent-ils pas eux-mêmes, et y envoyèrent-ils Barnabé? Ce fut à cause des Juifs. Cependant, ce qu'il y a à faire est d'une grande importance, et d'une si grande, que Paul doit se rendre à Antioche. Ce n'est pas sans raison, mais tout à fait d'après les vues de la Providence, qu'on déteste Paul, afin que ne soit pas renfermée dans Jérusalem la voix de la prédication, la trompette du ciel. Ne voyez-vous pas comment, partout, suivant qu'Il l'a décrété dans les cieux, le Christ se sert pour le bien, de la malice des Juifs, et même de la haine qu'ils portent à Paul pour édifier l'Église des gentils? Examinez aussi ce saint homme, je veux dire Barnabé, comme il s'oublie lui-même et court à Tarse : «Lorsqu'il fut arrivé (à Antioche), voyant la grâce de Dieu, il s'en réjouit; et il les exhortait tous à persévérer dans le Seigneur dans le dessein de leur cœur, parce qu'il était un homme juste, rempli de l'Esprit-Saint et de foi. Et une foule nombreuse fut acquise au Seigneur. Barnabé partit pour Tarse, afin d'y aller chercher Paul, et l'ayant trouvé, il le conduisit à Antioche ». Barnabé, homme simple et bon, était l'ami de Paul. C'est à cause de cela qu'il alla chercher l'athlète, le général, le lutteur, le lion : Je ne sais ce que je dois dire, car quoi que je dise, mes paroles seront toujours au-dessous de la grandeur de Paul. Barnabé alla donc vers la lampe éclatante, vers la bouche assez puissante pour enseigner l'univers. C'est réellement à cause du long séjour de Paul à Antioche, que les fidèles furent appelés chrétiens. « Et il advint qu'ils restèrent une année tout entière avec l’Église ; ils instruisirent une foule nombreuse, et c'est à Antioche pour la première fois que les disciples furent appelés chrétiens ». C'est une grande gloire pour cette ville; car, cela la place bien haut entre toutes les autres, d'avoir possédé la première pendant un si long temps, cette voix éloquente. C'est de là que tout d'abord les disciples furent honorés de ce nom: Ne voyez-vous pas à quel haut rang Paul éleva cette ville, et quelle célébrité il lui donna? C'est l'œuvre de Paul. Là, où trois mille et cinq mille avaient cru, ainsi qu'une si grande multitude, rien de semblable n'arriva, et les disciples, disait-on seulement, marchaient dans la voie du Christ : à Antioche on les nomma chrétiens. «Il vint dans ces jours de Jérusalem des prophètes à Antioche ». Comme c'était là que devait être planté l'arbre fruitier de l'aumône, la providence pourvoit utilement à y envoyer des prophètes. Observez avec moi que nul des plus illustres apôtres ne fut le docteur des chrétiens d'Antioche ; ils eurent pour docteur des Cyrénéens, et Paul (celui-ci supérieur aux autres), de même que Paul avait eu pour maître Barnabé et Ananie; mais cela ne le rabaisse en rien, car il eut aussi pour maître le Christ.


SAINTE EUPHROSYNE DE POLOTSK[1]

Fille du prince Sviatoslav de Polotsk , lui-même petit-fils du Prince Vladimir, et cousine de l’empereur de Byzance Manuel Comnène (1143-1180), sainte Euphrosyne passa son enfance dans l’étude des livres saints et des écrits des Pères. Lorsqu’elle eut douze ans, la réputation de sa beauté et de son savoir s’étant répandue partout, ses parents se préparaient à conclure son mariage. Mais dès qu’elle l’apprit, Euphrosyne s’enfuit chez sa tante, l’higoumène Romane, pour y recevoir l’Habit monastique. Cependant elle ne resta pas longtemps dans ce couvent et reçut de l’évêque de Polotsk l’autorisation de résider près de la cathédrale. Elle passait son temps à prier et à copier des livres qu’elle vendait pour distribuer des aumônes aux nécessiteux. Par la suite, un ange du Seigneur lui apparut à trois reprises pour lui indiquer le lieu où Dieu l’appelait à fonder un monastère, dans un village proche de la ville. Elle y bâtit une église de pierre et fonda un couvent, dans lequel elle reçut, malgré la résistance de ses parents, sa sœur Eudoxie, sa cousine et ses deux nièces, et de nombreuses autres jeunes filles nobles qu’elle dirigeait avec un fin discernement dans la voie qui mène à Dieu. Elle fit ensuite construire une seconde église, dédiée à la Mère de Dieu, et fonda là un monastère d’hommes, auquel elle fit don d’une icône, reçue de l’empereur Manuel, et qui avait, disait-on, été peinte par l’Apôtre saint Luc à Éphèse. Quantité de laïcs venaient recevoir aussi ses conseils, et elle savait orienter à bon escient ceux qui étaient appelés à mener la vie monastique ou à assumer la responsabilité des âmes. Parvenue à un grand âge, sainte Euphrosyne céda la direction du couvent à Eudoxie et entreprit un pèlerinage en Terre sainte, où elle souhaitait achever sa vie terrestre. À Constantinople, elle vénéra tous les lieux saints, et fut reçue avec honneur par l’empereur et le patriarche. Arrivée en Terre sainte, un ange lui apparut et lui annonça sa fin prochaine. Ayant communié aux saints Mystères, elle s’endormit dans la paix du Christ, le 23 mai 1173, et fut inhumée dans le monastère de Saint-Théodose. Après la prise de Jérusalem par Saladin (1187), ses reliques furent transférées à la Laure des Grottes de Kiev, où elles restèrent jusqu’en 1910, date à laquelle elles furent rendues à son couvent de Polotsk.


[1] Tiré du Synxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras

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