"Dans la confusion de notre époque,quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie,
il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères..."
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

lundi 19 janvier 2015

Vie de saint Théophane le Reclus





Saint Théophane le Reclus (Fêté le 6/19 janvier )


Saint Théophane le Reclus est né le 10 Janvier 1815, au cœur de la Russie. Son père était prêtre et, par conséquent, dès les premières impressions de sa jeunesse, il vécut avec l'Église. Les conditions difficiles et même sévères du Séminaire d'Orel, où il étudia, développèrent en lui un fort tempérament mental. 

Il poursuivit ses études à l'Académie théologique de Kiev. On peut supposer que pendant ce temps le jeune étudiant se rendit souvent au monastère de Grottes de Kiev célèbre, à juste titre, où aurait pu être formé en lui la résolution de quitter le monde. Avant même la fin du cours du séminaire, il fut tonsuré moine. A cette occasion, il se rendit au monastère auprès du célèbre staretz, le hiéromoine Parthène, qui lui dit: "Rappelle-toi qu'une chose est plus nécessaire que tout,  prier et prier Dieu sans cesse en esprit et dans le cœur". Ce conseil fit une impression durable sur le moine récemment tonsuré et il passa le reste de sa vie à s'efforcer d'atteindre cette "seule chose nécessaire" (Titre d'un de ses ouvrages sur la prière).

Après avoir terminé le cours avec une maîtrise, le hiéromoine Théophane a été nommé recteur temporaire l'école théologique de Kiev-Sophia. Dans les années qui suivirent, il occupa divers postes administratifs et d'enseignement dans  différents séminaires et académies, mais ces travaux d'érudition ne lui suffisaient pas et il demanda à être relevé de ses fonctions universitaires.

En 1859, il fut consacré évêque de Tambov, où il établit une école diocésaine pour filles. Pendant son séjour à Tambov, saint Théophane en vint à aimer l'ermitage isolé de Vysha. Durant l'été 1863, il fut transféré à Vladimir, où il servit pendant trois ans. Là aussi, il ouvrit une école diocésaine pour filles. Il servit souvent à l'église, voyagea beaucoup  à travers le diocèse, prêcha sans cesse, restaura des églises, et vécut de tout cœur avec son troupeau, en partageant avec eux joie et peines.

En 1866, l'évêque Théophane demandé à être relevé comme évêque de Vladimir et fut nommé à la tête de l'ermitage de Vysha, et bientôt, à sa nouvelle requête, il fut libéré, même de ce devoir. C'était difficile pour l'évêque Théophane au milieu du monde et de ces exigences auxquelles on doit céder le pas à cause de la corruption de l'homme. C'est une des raisons qui l'incita à quitter son diocèse et à se retirer dans la solitude. En outre, sa bonté de cœur illimitée, sa douceur, de colombe, sa confiance dans les gens et son indulgence pour  eux, tout cela indique que ce n'était pas idéal pour lui de vivre au milieu des querelles inconciliables de la vaine vie mondaine. 

C'était très difficile pour lui d'être un chef, en particulier dans un poste aussi important que celui de l'évêque. Sa confiance pourrait être abusé, il ne pourrait jamais donner les réprimandes nécessaires. En outre, il sentit l'appel à consacrer toutes ses énergies à l'écriture spirituelle. Quant à lui personnellement, il voulait abandonner toutes ses pensées à Dieu seul, Qu'Il aimait absolument. Il voulait que rien ne puisse troubler la communion avec Dieu qui lui était si chère, et il quitta le monde pour être seul avec Dieu.

Dans la réclusion, invisible aux gens, il devint un personnage public d'une ampleur considérable. Il ne recherchait que le Royaume de Dieu, et sa grande signification pour le monde lui fut ajoutée. Les six premières années, l'évêque alla à tous les offices et à la Liturgie matinale. Dans l'église, il se tenait, sans bouger, sans se pencher, les yeux fermés pour cesser d'être distrait, et les jours de fête, il avait l'habitude d'officier.

À partir de 1872, cependant, il cessa toute relation avec les gens, sauf avec l'archiprêtre et son confesseur. Il n'alla plus à l'église du monastère, mais construisit de ses propres mains dans ses appartements une petite église dédiée au Baptême du Seigneur. Pendant les dix premières années, il servit la Liturgie dans cette église chaque dimanche et jour de fête, et pendant les onze années suivantes tous les jours. Il était complètement seul, parfois en silence, mais parfois il chantait.

Il semblait ne plus être un homme, mais un ange avec une douceur et une gentillesse enfantines. Quand les gens venaient à lui pour affaires, il disait ce qui était nécessaire et il retournait à la prière. Il mangeait juste assez pour ne pas ruiner sa santé. Tout ce qu'il recevait, il l'envoyait par la poste aux pauvres,  gardant tout juste assez pour acheter des livres nécessaires. De ses publications, qui étaient rapidement distribuées, il ne recevait rien, en espérant seulement qu'elles pourraient être vendues aussi bon marché que possible

Dans les rares moments où il était libre de la prière, des lecture ou de l'écriture, il s'occupait avec du travail manuel. Il peignait des icônes excellentes et était doué pour la sculpture sur bois et la serrurerie. Chaque jour, l'évêque Théophane recevait entre 20 et 40 lettres, et il répondait à toutes. Avec une sensibilité extraordinaire, il pénétrait la situation spirituelle de son correspondant et chaudement, clairement et en détail répondait à cette confession d'une âme en détresse. En plus de cette énorme flux de correspondance, ses années de réclusion produisirent également une multitude de livres. Il s'agit notamment de travaux sur la théologie morale, comme "la voie du salut", "La vie spirituelle et comment s'y accorder", des commentaires sur l'Écriture Sainte, et des traductions, parmi lesquelles se trouve le classique spirituel "Le combat invisible ".

La vie de l'évêque Théophane passa invisible pour le monde, et la mort fut aussi dans la solitude. A partir d premier Janvier 1891, il y eut plusieurs irrégularités dans son programme. L'après-midi du 6 Janvier, son syncelle remarqua que l'évêque était faible et regardant dans sa chambre, il trouva l'évêque couché sur le lit sans vie. Son bras gauche était appuyée sur sa poitrine et son bras droit était replié, comme pour une bénédiction épiscopale. Il était mort le jour même de sa fête la plus aimée, à laquelle sa chapelle avait été consacrée. Le corps du saint resta dans la petite église de sa cellule pendant trois jours, et pendant trois jours il fut dans la cathédrale et il n'y eut pas de corruption. Quand il fut revêtu de ses habits d'évêque, le visage du mort fut éclairé par un sourire joyeux.

Tout était extrêmement simple dans la cellule de l'évêque Théophane. Les murs étaient nus, les meubles anciens. Il y avait une malle avec des instruments pour travailler au tour, pour la menuiserie, la reliure, le matériel photographique, un banc de sciage, un banc de menuisier, et de nombreux livres écrits en russe, slavon, grec, français, allemand et anglais. Parmi eux se trouvaient: une collection complète des saints Pères; une encyclopédie théologique en français en 150 volumes, les œuvres des philosophes Hegel, Fichte, Jacobi, et d'autres, les œuvres sur l'histoire naturelle par Humboldt, Darwin, Fichte, et d'autres. On se souvient de ses paroles, "Il est bon de comprendre la structure des plantes, des animaux, en particulier de l'homme, et les lois de la vie; en eux se révèle la sagesse de Dieu, qui est excellente en tout".

Le grand hiérarque  nous est caché par le corps, mais son esprit vit toujours dans les ouvrages imprimés divinement sages qu'il nous a laissés. L'archevêque de Vilna Nicandre décrivit l'évêque Théophane en tant que professeur chrétien universel, même s'il ne parlait pas; un personnage public, bien que reclus, un prédicateur de l'Eglise qui fut entendu partout, même si, dans ses dernières années il n'était apparu dans aucun siège de l'Église. Brillant Luminaire de l'enseignement du Christ pour les orthodoxes, même si lui-même se cacha au regard du peuple; possédant à peine en suffisance des biens terrestres, mais enrichissant tout le monde de toutes les richesses spirituelles de son enseignement. Il n'a recherché, aucune gloire terrestre temporelle, pourtant il est glorifié maintenant par tous ceux qui ont été inspirés par ses écrits à suivre cet ermite saint sur le chemin du salut, un chemin qui mène à la prière constante et au fait d'être seul dans son cœur avec Dieu.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
 Orthodox  Word 
Juillet-Août 1966
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California,
USA

vendredi 2 janvier 2015

Vendredi de la Vingt-Neuvième Semaine après la Pentecôte



Jacques 2:1-13, Marc 10:23-32


Entendant la parole du Seigneur à propos des difficultés pour les riches à entrer dans le Royaume de Dieu, les disciples pensaient, qui peut donc être sauvé? Le Seigneur répondit à cela, aux hommes, cela est impossible, mais non à Dieu: pour Dieu avec toutes choses sont possibles.
Il n'est pas possible de renoncer à l'intérêt personnel, sans l'influence de la grâce sur le cœur, il n'est pas possible de faire face à toutes sortes de faiblesses pour les choses, ou avec tout le péché qui vit en nous et toutes ses conséquences, sans la grâce de Dieu. La grâce de Dieu est donnée, selon la foi dans le Seigneur, dans les mystères de la Sainte Eglise.
Tenez fermement à la Sainte Eglise de Dieu et à l'ensemble de ses institutions, et la puissance de Dieu, contribuant à apporter tout bien, demeurera toujours avec vous.
Mais en même temps souvenez-vous toujours que ces institutions illuminant et vivifiant, sont un moyen et non le but, c'est pourquoi vous devez passer par elles dans le seul but d'animer et de nourrir les pouvoirs de grâce qui sont cachés en vous grâce à leur influence, puis reprendre votre travail comme un homme fort, prêt à toute bonne action.
Si vous gardez ce que vous avez reçu pour vous, et que vous ne le libérez pas par de bonnes actions, vous n'aurez pas raison; comme l'on n'a pas raison si l'on fuit tout ce qui appartient à l'Eglise. Les faux zélotes de la piété rendent la structure même d'une vie pieuse objet de critiques, mais cela n'enlève pas la validité de cette structure, et ne justifie pas ceux qui se piquent de philosophie, et qui l'évitent uniquement pour ces motifs.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St. Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St. Herman of Alaska,
Platina, CA
USA,
2010

dimanche 7 décembre 2014

Pas de commentaire


L'Entrée au Temple de la Très Sainte Mère de Dieu tombait un dimanche lorsque saint Théophane fit son commentaire de l'Ecriture. Voir ce jeudi pour ce qu'il écrivit!

dimanche 30 novembre 2014

Vingt-Cinquième Dimanche après la Pentecôte



Ephésiens 5:9-19 et Luc 12:16-21


Après avoir parlé de la parabole de l'homme qui est devenu riche et prévit de ne faire que manger, boire et être joyeux, et pour cela fut frappé à mort, ne restant pas en vie pour ces plaisirs supposés, le Seigneur a conclu: Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n'est pas riche pour Dieu. "Il en est ainsi," c'est-à-dire une telle chose se produit, ou une telle chose arrive tant à celui-ci qu'à d'autres. 

Ceux qui deviennent riches et oublient Dieu ne pensent qu'aux plaisirs de la chair. Que ceux qui veulent éviter ce sort amer, "amassent" et non "pour eux-mêmes, mais seulement pour être riche pour Dieu." Puisque les richesses viennent de Dieu, alors consacrez-les à Dieu quand elles abondent, et les saintes richesses en découleront. Partagez tous les surplus avec les nécessiteux: ce sera comme le retour à Dieu de ce qui a été donné par Dieu. 

Celui qui donne à une personne pauvre donne à Dieu. Apparemment en épuisant sa richesse, une telle personne devient vraiment riche, riche par de bonnes actions, riche pour Dieu. En Lui plaisant, elle devient riche en Dieu, et en attirant Sa bonne volonté, elle devient riche de Dieu, qui fait de celui qui est fidèle en peu de chose, l'intendant de beaucoup de choses. Il devient riche pour Dieu, et non pas pour lui-même, car il ne se considère pas comme maître de la maison, mais seulement comme intendant et comme comptable, dont toute la préoccupation consiste à satisfaire tous ceux qui viennent à lui dans le besoin. Mais il craint de dépenser quelque chose de particulier pour lui-même, considérant qu'il s'agit d'une utilisation abusive des biens qui lui sont confiés.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St. Theophane the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St. Herman of Alaska,
Platina, CA
USA,
2010

dimanche 26 octobre 2014

Dimanche de la Vingtième Semaine après la Pentecôte






Galates 1:11-19 et Luc 7:11-16


Le Seigneur voit une mère pleurant la mort de son fils et a pitié d'elle, une autre fois il fut appelé à un mariage, et se réjouit avec la famille. Par cela, il a montré que  partager les joies et les peines quotidiennes ordinaires, n'est pas contraire à son esprit. 


C'est ce que, les chrétiens véritables et pieux font, eux qui vivent leur vie dans la crainte [de Dieu]. Toutefois, ils distinguent certaines routines de la vie quotidienne d'autres routines, car beaucoup de choses sont entrées dans ces routines qui ne peuvent pas être la bonne volonté de Dieu. 


Il y a des coutumes qui viennent des passions, qui découlent de leur indulgence, d'autres sont maintenues en vie par la vanité et les  occupations. Celui qui a l'esprit du Christ, sera en mesure de distinguer le bon grain de l'ivraie: il adhère à l'un et rejette l'autre. Celui qui le fait avec la crainte de Dieu n'est pas aliéné par les autres, bien qu'il n'agsse pas comme eux, parce qu'il agit toujours dans l'esprit d'amour et de compassion envers les infirmités de ses frères.


 Seul un esprit de zèle au-delà de la mesure prend les gens à rebrousse poil, et produit la discorde et la division. Un tel esprit ne peut s'empêcher d'enseigner et de critiquer. Mais celui [qui a l'esprit du Christ] ne s'occupe que de régir sa vie et celle de sa famille d'une manière chrétienne, il ne se permet pas de s'immiscer dans les affaires des autres, en se disant: "Qui m'a désigné comme juge?" 


Il fait tranquillement que tous soient bien disposés envers lui-même, et inspire le respect de ces routines auxquelles il tient. Un superviseur se rend impopulaire, et évoque la désapprobation pour les bonnes routines auquelles il tient. L'humilité dans de tels cas, est nécessaire, c'est l'humilité chrétienne. C'est la source du bon sens chrétien, qui sait comment bien agir dans une situation donnée.


Evangile 2

Romains 10:1-10; Matthieu 8:28-9:1


Les Gadaréniens ont vu le miracle merveilleux du Seigneur, quand il chassa une légion de démons, et pourtant, la ville entière sortit et pria le Seigneur qu'il parte de leurs côtes. Nous n'observons pas qu'ils se comportent avec hostilité envers le Seigneur, mais nous n'observons pas non plus une quelconque foi en eux. Ils sont pris d'une sorte de crainte indéterminée, ce qui fait que leur seul désir est que le Seigneur les quitte, pour aller là où Il veut , "pourvu qu'Il que ne [les] touche pas." 
Ceci est la véritable image de personnes qui vivent en paix avec leurs possessions. Un ordre de choses s'est formé autour d'eux qui n'est pas défavorable, ils sont habitués, ils n'ont ni la pensée, ni la nécessité de changer ou d'inverser quoi que ce soit, et ils ont peur de franchir une nouvelle étape. Ils estiment, cependant, que si une injonction venait d'en haut, la crainte de Dieu et leur conscience les forcerait à renoncer à l'ancienne et à accepter quelque chose de nouveau. 
Par conséquent, ils s'efforcent d'éviter toute circonstance qui pourrait les conduire à de telles convictions, afin de pouvoir continuer à vivre tranquillement dans leurs vieilles habitudes, en plaidant l'ignorance. Ce sont le genre de personnes qui ont peur de lire les Evangiles et les livres des Pères, ou de discuter de questions spirituelles. Ils craignent que si leur conscience est troublée par cela, elle pourrait se réveiller et commencer à les forcer à abandonner ce qu'ils avaient, et à entreprendre autre chose.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St Herman of Alaska,
Platina, CA
USA
2010
+

dimanche 5 octobre 2014

Dix-Septième Dimanche après la Pentecôte


II Corinthiens 9:6-11; Luc 5:1-11


Les pêcheurs ont travaillé dur pendant toute une nuit sans rien prendre, mais quand le Seigneur est monté sur leur bateau, et, qu'après avoir prêché, Il leur commanda de jeter leur filet, ils en ont pris tant qu'ils ne pouvaient pas les sortir et le filet a éclaté. C'est une image pour tous les travaux fait sans l'aide de Dieu, et pour les travaux faits avec l'aide de Dieu. 

Quand une personne travaille, voulant réaliser quelque chose par ses seules forces, elle échoue. Quand le Seigneur s'approche d'elle, alors une bonne chose après l'autre jaillit de quelque part. Dans le sens spirituel et moral,  l'impossibilité de succès sans le Seigneur est matériellement visible: Sans moi vous ne pouvez rien faire, dit le Seigneur. Et cette loi agit en toutes choses. 

Tout comme une branche qui ne croît pas sur un arbre, non seulement ne porte pas de fruits, mais se dessèche et perd sa vie, ainsi les gens non plus ne peuvent porter des fruits de la vérité, précieux pour la vie éternelle, s'ils ne sont pas en communion vivante avec le Seigneur. 

Tout bien qu'ils pourraient avoir est seulement une apparence de bien, mais, en substance, ce bien est défectueux, comme une pomme sauvage de la forêt qui apparaît rouge, mais si vous y goûtez, elle est aigre. 

Ceci est également tangiblement clair dans un sens externe, et mondain: on lutte et on lutte, et tout cela en vain. Lorsque la bénédiction de Dieu descend, tout devient bien. Ceux qui sont attentifs envers eux-mêmes et envers les chemins de la vie connaissent ces vérités par l'expérience.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St Herman of Alaska,
Platina, CA
USA
2010
+

vendredi 3 octobre 2014

Vendredi de la Dix-Septième Semaine après la Pentecôte



Ephésiens 6:18-24 et Luc 4:22-30




Les gens de Nazareth s'émerveillèrent à la parole du Seigneur, mais néanmoins ils ne crurent pas: l'envie les en empêcha comme le Seigneur Lui-même l'a révélé. Toute passion s'oppose à la vérité et à la bonté, mais l'envie plus que tout, parce que le mensonge et le dépit constituent son essence.

Cette passion est la plus injuste et la plus toxique tant pour celui qui la porte, que pour celui contre qui elle est dirigée. Elle se produit sur une petite échelle avec tout le monde, quand quelqu'un d'égal ou d'inférieur prend le dessus. L'égoïsme est irrité, et l'envie commence à ronger le cœur. Ce n'est pas encore trop un objet de tourmente, s'il y a encore une issue, mais quand la voie est bloquée, en particulier par celui que vous enviez déjà, alors son agression est imparable, et la paix est impossible.

L'envie demande le renversement de l'ennemi de sa place au sommet, et n'aura nul repos jusqu'à ce qu'elle atteigne cela d'une certaine façon, ou jusqu'à ce qu'elle ruine l'envieux. Les gens de bonne composition, bien intentionnés, dont les bons sentiments l'emportent sur les sentiments égoïstes, ne souffrent pas de l'envie. C'est aussi le moyen d'éteindre l'envie de toute personne tourmentée par elle.

Tu dois te hâter d'inspirer de la bonne volonté, en particulier envers celui que tu envies, et le manifester dans l'action, alors l'envie sera immédiatement réduite. Si tu répétes cette opération plusieurs fois, avec l'aide de Dieu, elle disparaîtra entièrement. Mais si tu la laisses comme elle est, si tu ne triomphes pas de toi-même et que tu ne te forces pas à faire du bien à celui que tu envies, elle te tourmentera, te dessèchera, et t'enverra à ta tombe.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St Herman of Alaska,
Platina, CA
USA
2010
+

mercredi 26 février 2014

Mercredi de la Semaine de la Tyrophagie




Maintenant encore, dit l'Éternel, Revenez à moi de tout votre coeur, Avec des jeûnes, avec des pleurs et des lamentations! Déchirez vos coeurs et non vos vêtements, Et revenez à l'Éternel, votre Dieu, car Il est compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté. Sonnez de la trompette, publiez un jeûne, une convocation solennelle!... Que l'époux sorte de sa demeure, et l'épouse de sa chambre... laissez les prêtres, ministres du Seigneur, pleurer et dire: "épargne ton peuple, ô Seigneur! "(Joël 2:2-17). Qui écoute maintenant vers cette voix, qui résonne dans l'Eglise? Si sur les places de la ville une voix de tonnerre résonnait du ciel, disant: "Epargnez-vous, ô peuple, afin que le Seigneur vous épargne!", Peut-être que quelqu'un entendrait et de se réveillerait de son extase de plaisirs, de désirs et de vin. Les prêtres ne cessent de plaider, "Epargne ô Seigneur!" Mais du Seigneur vient la réponse pour l'instant terrible, "Je ne vais pas èpargner, car il n'y en a aucun qui cherche à être épargné." Tout le monde est debout avec le dos au Seigneur , ils se sont détournés de Lui et L'ont oublié.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St Herman of Alaska,
Platina, CA
USA
2010

mardi 25 février 2014

!




Pas de commentaire 
de 
saint Théophane
ce jour.
Cette date correspondait,
l'année où saint Théophane
fit ses commentaires,
à celle de l'hypapante
dont nous avons posté le commentaire.

lundi 10 février 2014

Lundi de la Semaine du Pharisien et du Publicain



II Pierre 1;20-2:9; Marc 13:9-13

La crainte de Dieu conduit au commencement d'une vie sainte et agréable à Dieu et elle est sa gardienne la plus fidèle, quand on suit l'inspiration de la crainte de Dieu et que l'on commence ainsi. La lecture de l'Epître présente nous l'enseigne, qui rappelle la menace des jugements de Dieu et la punition déjà montrée ici de ceux qui ne se soumettent pas à Sa volonté. Il n'a, dit-elle, pas épargné les anges qui ont péché (II Pierre 2:4). Ils étaient purs, et demeuraient dans une habitation très radieuse. Mais dès qu'ils ont péché, ils ont été jetés dans les ténèbres extérieures. Nous épargnera-t-Il vous et moi, si nous allons contre Sa volonté! 
L'impiété a débordé aux jours de Noé. Dieu a fait venir sur eux un déluge, et Il les fit tous périr, à l'exception des huit âmes de la famille de Noé. Il ne tint pas compte qu'il y avait beaucoup de gens. Il délibérer sur toi seul, que ce soit pour te détruire ou pas, quand tu n'écoutes pas Sa voix! Pendant longtemps, le Seigneur épargna Sodome et Gomorrhe. Mais au lieu de revenir à leurs sens, ils se sont précipités au sommet de l'impiété. En conséquence, ils ont été frappés par le feu quand ils ne s'y attendaient pas. Ce feu est une image du feu éternel qui attend les impies. Toi non plus, tu n'échapperas pas à ce feu, si tu suis le même chemin qu'eux. Garde tout cela à l'esprit lorsque tu es assis seul, en particulier dans le silence et l'obscurité de la nuit, et ainsi suscite la crainte de Dieu, la peur du péché, car en lui la flamme d'un feu éternel s'approche furtivement de toi.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St. Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St. Herman of Alaska,
Platina, CA
USA,
2010

mardi 4 février 2014

Mardi de la Trente-Troisième Semaine après la Pentecôte



I Pierre 3:10-22, Marc 12:18-27


Mais sanctifiez le Seigneur Dieu dans vos coeurs (I Pierre 3:15). Sanctifier le Seigneur dans le cœur, est l'âme et l'esprit de l'homme caché du cœur décrit auparavant. Comme au commencement, Dieu créa le corps de l'homme à partir de particules de poussière, lui insuffla le souffle de vie (cf. Genèse 2:7), et l'homme devint comme il devrait être, de même l'homme caché du cœur, créé à l'intérieur à partir des vertus indiquées, n'est qu'un homme spirituel réel que lorsque son cœur sanctifie le Seigneur Dieu. Ainsi, nous lisons dans la prière du Seigneur, «Que Ton Nom soit sanctifié». Si cela n'arrive pas, alors l'homme, qui a été modélisé à partir des vertus susmentionnées, sera comme un enfant mort-né, sans l'esprit de Vie. 
Que ce soit connu de ceux qui pensent s'en tirer avec quelques vertus sans avoir aucune relation avec Dieu! Que signifie sanctifier Dieu dans le cœur? Il faut faire preuve sans cesse de beaucoup de révérence envers Lui, en gardant toujours à l'esprit la pensée de Son omniprésence, en souhaitant ardemment à tout instant lui être agréable avec zèle, et avec toute crainte de faire quoi que ce soit qui déplaise à Dieu. Cela signifie surtout confier toute votre vie temporelle et éternelle à Ses soins paternels, accepter tout ce qui arrive avec humilité, soumission et, reconnaissance, comme venant directement de Sa main.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St. Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St. Herman of Alaska,
Platina, CA
USA,
2010

dimanche 8 décembre 2013

Pas de commentaire ce dimanche!


Enseignement de saint Théophane Le Reclus (R)




Je vais vous apprendre quel genre de vertus devrait entourer votre prière, ou quelle sorte de vie vertueuse de prière un chrétien devrait planter en lui-même, non pas selon mes propres mots, mais dans les paroles du saint hiérarque Dimitri de Rostov, qui énumère brièvement ces choses dans les instructions suivantes :


1. Quand tu te réveilles, que ta première pensée soit pour Dieu, que ta première parole soit une prière à Dieu ton Créateur et le gardien de ta vie, Qui est toujours en mesure de donner la vie ou de la détruire, Qui peut frapper avec la maladie et guérir, et Qui peut sauver ou détruire.


2. Incline-toi et remercie Dieu Qui t'a réveillé de ton sommeil, et Qui n'a pas permis que tu périsses dans tes péchés, mais Qui avec patience a attendu ton repentir.


3. Faire un bon départ pour de meilleures choses, en disant avec le psalmiste: «J'ai dit, maintenant, j'ai fait un premier pas" (Psaumes 76.11) Car personne ne termine son chemin au Ciel, sauf celui qui fait un bon début tous les jours.


4. Dès le matin prie comme les Séraphim, agir comme les chérubim, et sois entouré d'anges.


5. Ne perds pas plus longtemps de temps. Ne fais que les choses qui sont nécessaires.


6. Dans tous les actes et les paroles, garde ton esprit en Dieu, n'inscris pas autre chose dans ton esprit à l'exception du Christ, et ne laisse aucune image toucher ton cœur pur, sauf l'image pure du Christ notre Dieu et Sauveur.


7. Réveille-toi à l'amour de Dieu en toutes choses, chaque fois que tu es en mesure de le faire, en particulier dis avec le Psalmiste: "Dans ma méditation un feu a été allumé" (Psaume 38,4).


8. Tu désires aimer Dieu,dont tu vois toujours la visitation et que tu contemples avec les yeux intérieurs, détourne-toi donc de toutes les mauvaises actions, paroles et pensées. Fais, dis et pense toute chose honorablement, humblement, et avec la crainte d'un fils.


9. Que la douceur avec la louange et l'humilité soient ensemble avec l'honneur.


10. Que tes paroles soient calmes, humbles, honorables et utiles. Que le silence décide des paroles que tu dis. Dès maintenant, ne laisse-pas une parole vaine ou ordurière échapper à tes lèvres.


11. Si quelque chose de drôle arrive, permets-toi seulement un sourire, et encore, pas souvent.


12. Tu tomberas dans la prodigalité par la colère, l'ire, et la querelle: sois modéré dans ta colère.


13.Respecte toujours la modération dans la nourriture et la boisson.


14. Sois humble en toutes choses, et Dieu te bénira, et les gens te loueront.


15. Il te faut prier au sujet de ta mort, qui est la fin de toutes choses.


Voyez ce genre de vie merveilleuse qui est enseigné au chrétien qui prie. Il est vrai qu'ailleurs nous avons parlé plus longuement de la prière, qui consiste à se tourner mentalement et avec un cœur sincère vers Dieu, mais dans un autre lieu, d'autres vertus ont été mentionnées, et pourtant si elles ne sont pas toutes ensemble, il est impossible de prendre pied dans la prière. 


Que chacun fasse un effort dans la connaissance: [il faut] se tenir en prière et s'exercer selon ton instruction. Comment pouvez-vous supporter de prier si vous êtes accablés par l'intempérance, ou emportés par la colère, ou si vous ne restez pas dans la paix, ou si vous êtes distraits par le travail et le manque d'attention et ainsi de suite? Si nous voulons éviter ces choses, alors nous devons tenter d'atteindre le contraire: c'est-à-dire la vertu. Pour cette raison, saint Jean Climaque parle de la prière, en disant que c'est la mère et la fille des vertus.


En entendant cela, certains pourraient dire, " Quelles grandes exigences! Quel lourd fardeau! Où puis-je jamais trouver le temps et la force?" Mais soyez forts, mes frères! Très peu est nécessaire, et il faut seulement entreprendre une chose: le zèle pour Dieu et le salut en Lui dans votre âme. Par sa nature, l'âme a beaucoup de bien en elle, et elle est seulement mal dirigée vers toutes les choses mauvaises. 


Dès que le zèle pour le salut et le fait d'être agréable à Dieu sont nés dans l'âme, toute la bonté s'assemble autour de ce zèle, et immédiatement une grande quantité de bien apparaît dans l'âme. Puis le zèle, fortifié par la grâce de Dieu, avec l'aide de ce bon départ, commence à trouver plus de bonté, et s'enrichit avec elle, et tout commence à se développer par degrés. Le zèle a déjà lui-même les débuts de la prière. Il est alimenté d'abord par la vertu naturelle, et commence alors à se nourrir des œuvres de vertu qu'il engendre, et se développe et devient fort, et fleurit et se met à chanter et louer Dieu avec une chant harmonieux et empli de prière dans le cœur.


Que le Seigneur vous aide à réussir dans ce domaine. Amen.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après